Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH)
Par Jeanph Webmaster, jeudi 19 avril 2007 à 22:00 :: Actualités :: permalien #27
Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), le difficile rite de passage du Brésil vers une place de membre permanent au Conseil de sécurité de l'ONU
Jusqu'en octobre 2007...
C'est ce que l'ONU a voté le 15 février dernier.
Ayant estimé que la situation en Haïti continuait de constituer une menace pour la paix et la sécurité internationales dans la région et agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, le Conseil de sécurité avait décidé, par sa résolution 1542 du 30 avril 2004, d’établir la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) et avait demandé que la passation des pouvoirs de la Force multinationale intérimaire à la MINUSTAH se fasse le 1er juin 2004.
Ceci faisait suite aux précédentes missions de l'ONU en Haïti de 1993 à 2000.
Aujourd'hui ce sont un peu moins de 7000 soldats et de 2000 personnels civils qui sont sur le terrain.
Il s'agit d'une force melting-pot, mais la plupart font partie du contingent brésilien qui commande la force déployée.
Le budget total annuel atteint presque les 500 millions de dollars US.
Sans compter les éventuels pots de
vins.
Pour le citoyen haïtien de base, ces militaires, se sont avant tout les «TAS DE MINUS».
L'occupation, dont l'impact médiatique international tant à faire croire que le monde fait tout ce qui est en son pouvoir pour résoudre la situation du pays, ne met pas tout le monde d'accord dans le pays qui voit cela de ces propres yeux.
Certes, nous n'allons pas ici faire le procès de l'ONU.
Il faut avouer que la présence des casques bleus à permis de faire de nombreuses avancées dans la lutte contre les bandes organisées dans les principaux bas-fonds de la capitale (notamment Cité Soleil)
Qui eut cru que Cité Soleil, ce bidonville, cet amas de taudis délabrés, l'un des plus infâmes de la planète, serait si vite doté d'institutions démocratiquement élues, d'un maire reconnu par l'Etat, aptes à la défense des intérêts d'un des grands quartiers de la capitale et de ses habitants !
La cérémonie a eu lieu sous haute-sécurité. Comme si seules les façades avaient été repeintes.
Les murs respirent encore la poudre, tant ce lieu a été le terrain d'affrontement entre bandits et soldats onusiens.
Les casques bleus ne rassurent pas forcément la population mais ils font peur aux délinquants armés. Enfin, aux plus jeunes d'entre eux !
De toute façon tout le monde c'est que les «criminels» ont désertés les rues de la capitale pour celles des banlieues... un peu comme si poussiez la poussière du salon dans la salle à manger, et celle de la cuisine sous le tapis.
Résultat : tout le monde croit que c'est propre. Le premier cyclone dévastera tout, dévoilant la supercherie.
Mais voilà ,
Entre autres choses...
Tout comme l'âne court après la carotte...
Le Brésil court après un siège de membre permanent au Conseil de Sécurité de l'ONU.
Il ne le cache pas vraiment d'ailleurs.
Le Brésil, plus proche de G.W. Bush que de Simon Bolivar, ne sert-il alors pas d'exécuteur au commanditaire monroïste ?
Un peu comme si l'accès au Conseil de Sécurité lui était refusé mais qu'en échange il devenait le lieutenant capitaliste sur toute la zone sud-américaine...
Etc.. etc... je ne
suis pas là pour penser à votre place !
N'est-il pas scandaleux que l'Etat haïtien soit une nouvelle fois le cobaye des expériences militaires internationales ?
Alea jacta est, comme si cela était un jeu. Si c'est un double, nous sauverons Haïti, sinon, tant pis !
Quand vous demandez à l'haïtien «Ki jan w'ye?»(Comment vas-tu?), il vous répondra sans doute «M' pa pi mal»(Je ne vais pas plus mal). Comme si le fait d'aller mieux était d'entrée exclu, et que l'important c'était avant tout de survivre, de faire en sorte que la situation n'empire pas.
Le peuple haïtien serait-il condamné à vivre dans l'espoir ?
Mais que reste-t-il du rêve de Toussaint Louverture ? A croire que cette question existentielle a depuis bien longtemps quitté les salons communs.
Que reste-t-il encore à l'haïtien, lui qui est plus esclave encore que son ancêtre qui a été mené de force sur ces terres ?
Il lui reste l'espoir.
Il lui reste le sourire, et comme dit le proverbe, «M' ba 'w dan, m' pa p ba 'w kè» (Je t'ai montré mes dents, je ne t'ai pas ouvert mon coeur).
Alors ce sourire il l'offre à la MINUSTAH, et cette chaleur humaine, cette espérance intime personne n'ira la lui voler !
Encore un pays meurtri où les gens sont accueillants ; ils donneront même à boire et à manger à qui vient pour les piller.
Une telle chaleur humaine vous fait rapidement oublier les malheurs de la vie...
10 jours au sein d'haïtiens, vous oubliez que c'est un pays pauvre....
Vous dites : c'est un pays riche !


Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
:: Fil rss des commentaires de ce billet ::
Ajouter un commentaire
Les commentaires pour ce billet sont fermés.